En ce moment, le planning du bloc affiche des cases grises. Quatre anesthésistes sur seize sont absents : deux arrêts, un départ, un poste non pourvu. L’intérim demandé depuis juin n’a pas répondu au tarif. La direction assume un délestage d’un tiers des vacations jusqu’au 28 août.
À cette heure, des SMS partent. Une patiente de 62 ans, convoquée pour une prothèse, apprend l’annulation dans le parking. « J’ai posé des jours. J’ai un taxi. J’ai la trouille, surtout. » Les urgences vitales, martèle le CHU, ne bougent pas. La phrase rassure. Elle ne soigne pas la file d’attente.
L’ARS Pays de la Loire parle d’un « épisode connu des CHU d’ouest ». Connu n’est pas réglé. Les chirurgiens menacent de saisir l’ordre s’ils doivent encore trier entre hernies et genoux. Le tri, déjà, se fait.
Un interne de garde, joint à 1 h, dit le non-dit : « On tient parce que l’été vide les lits. En octobre, ce plan ne passera pas. » Nantes n’est pas un cas isolé. C’est un cas qui parle fort, ce matin.